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Etre vendéen ?

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Etre vendéen ?

Message par Le Loup le Lun 23 Sep - 21:58

Bonsoir ou bonjour à tous,

Ayant vu des échanges assez vifs sur un blog ami à propos de l’identité vendéenne, j’aurais aimé que l’on débatte entre nous, dans le calme et dans la courtoisie, chacun avec  des arguments  qui tiennent la route.

Un film est actuellement en tournage actuellement en Vendée, produit par des américains. Certains pensent que « nous n’avons pas besoin des américains pour nous apprendre notre histoire » (commentaire vu, comme dit plus haut sur un site ami). Je pense que l’auteur de ce commentaire n’a pas bien saisi la démarche, puisque ce film n’est pas destiné « à nous apprendre notre histoire » mais justement, à venir la puiser sur place pour la restituer à un public qui ignore cette histoire, dans un autre pays.

Contrairement à la Bretagne, au Pays Basque ou à la Corse, la Vendée n’est pas une entité géographique à part entière mais un conglomérat de « morceaux » de Poitou, d’Anjou et de Bretagne avec le Pays de Retz. Si la « Vendée » au sens culturel existe aujourd’hui, c’est grâce aux événements de 1793. Si l’on se sent vendéen aussi bien à Mauléon (79), qu’à Cholet (49), à Clisson (44) ou à Chantonnay (85), c’est uniquement grâce à ce qui s’est passé à la période révolutionnaire et notamment en raison des abominations commises à l’époque contre ce peuple dit « de Vendée Militaire ». La mémoire s’est réveillée aujourd’hui et de plus en plus de gens ont conscience non seulement, de qui ils sont, mais de la terre qui les porte.

Jean Yole disait : «  Alors que toutes les provinces sont devenues des départements, la Vendée est le seul département qui soit devenu une province. » Dans ce cas, quel doit-être en chacun de nous ce sentiment de « Vendéanisme » aujourd’hui ? Doit-il être réservé aux natifs du crû, descendants plus ou moins patentés de « Géants » de 93 ? Et vous, ceux qui sont sur ce forum, mais loin de la Vendée, et pas forcément originaires du crû, vous sentiriez-vous vendéens, si vous veniez habiter en Vendée ?

Vaste débat, n’est-ce pas ? Que chacun apporte sa pierre à l’édifice dans le strict respect de la courtoisie la plus élémentaire. Nous pouvons ne pas être d’accord, mais exposons nos vues avec le respect de l’autre. Wink 
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Re: Etre vendéen ?

Message par Monalisa le Dim 5 Jan - 21:36

Je pense qu'être Vendéen relève d'un état d'esprit, d'une connivence...
Pour ma part, j'ai toujours vécu en Vendée, mais de parents non vendéens; et dans la famille, on m'a toujours considérée "plus Vendéenne" que les autres...
Une des caractéristique de la Vendée, c'est le partage...
Il est une théorie qui dit que l'esprit vendéen, qui a permis d'ailleurs à ce peuple de se soulever, était en partie dû aux composants du sous-sol de cette région... Qu'en pensez-vous ?

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Re: Etre vendéen ?

Message par Nicolas Stofflet le Lun 6 Jan - 14:13

Je suis né à Cholet. Ma famille a une grande partie de ses racines dans les Mauges. Viscéralement vendéen, je me sens « chez moi » entre le Mont des Alouettes et la forêt de Vezins, entre Beaupréau et Maulévrier. Et je me moque des divisions administratives. S'il y a des frontières humaines, elles sont pour moi au-delà de la Loire et du Layon, et par-delà le rideau du bocage qui nous sépare de la plaine de Luçon.
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Re: Etre vendéen ?

Message par Le Loup le Mar 7 Jan - 21:49

Ce sont toujours ces histoires de barrières administratives dont il est question. Je suis né à la maternité de Bressuire d'un père natif de Cerizay (79) et d'une mère native de Saint-Mesmin (85) où j'ai vécu les deux premières années de ma vie.

Du côté paternel, les porteurs de mon nom de famille, tous charpentiers et tonneliers étaient d'Antigny, La Meilleraie et Montournais (85). La famille de ma grand-mère était de Combrand et de Brétignolles (79). Vieilles familles dont l'une sera très fournie en prêtres et religieuses et particulièrement active contre les Inventaires de 1906. Du côté de ma mère, bien que native du 85, la famille est là aussi du 79, dont encore une fois Combrand, encore d'une famille particulièrement chrétienne. J'ai dans mes ancêtres des gens de la Petite-Eglise. Je suis donc un pur produit d'un Bocage à cheval entre le Bocage Vendéen et le prétendu "Bocage Bressuirais" qui n'a jamais existé. Le souci du 79 est d'avoir été sous la tutelle d'un département républicanisé à outrance par Niort, une ville où la plupart des Bocains ne mettent jamais les pieds, la trouvant digne de peu d'intérêt, trop éloignée par l'absence de voie routière digne de ce nom et lui préférant Cholet, plus près et plus accessible. Département 79 qui sera "mémoricidé" par le diocèse de Poitiers qui refusera d'entendre parler des Guerres de Vendée.

Pour autant, et malgré ce califourchon permanent sur deux régions administratives et deux départements, je me sens chez moi, aussi bien d'un côté que de l'autre d'une frontière que je ne regarde plus, à partir du moment où je me trouve dans mon Bocage, quelque part près de rives de la Sèvre Nantaise. J'aime visiter d'autres régions de France, toutes aussi superbes les unes que les autres, mais ma préférence va toujours aux régions les moins urbanisées et les plus verdoyantes comme si mon profond attachement au Bocage se reflétait au travers de ce que je cherche dans les autres régions.

Je suis donc vendéen et pourtant, je n'en ai pas toujours eu conscience.

Pour autant, je pense et Shenandoah viendra nous le confirmer, que l'on peut devenir vendéen très facilement.

Etre vendéen, pour moi, c'est autant aimer rire et faire la fête que de se retrouver dans une vieille chapelle pour une prière silencieuse. C'est autant partir en balade à moto avec des amis que de se retrouver le soir à écouter le vent sinistre de l'hiver qui passe sous la porte...
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Re: Etre vendéen ?

Message par Caroulette le Jeu 9 Jan - 16:06

Bé l'bonjor!

J'apporte ma pierre à l'édifice: quoique n'ayant jamais vécu longtemps en Vendée (mais jamais très loin non plus), je me suis toujours sentie vendéenne, je pense pour plusieurs raisons:

- le discours familial : mes parents et grand-parents n'ont eu de cesse de me le rabâcher "fi d'garce, c'est bé une vendéenne la mistouflette, avec un caractère pareil, un peu plus pi al'était bretonne!" ou encore "mange ta mojette, y'a tout dedans, ça vaut bien un bon bifteck. Et pi après y a les caillebottes",...
- le discours extérieur: à mon arrivée à Paris, il a fallu me présenter, et la réponse invariable a considérablement renforcé mon sentiment d'appartenance "hein? la Vendée? y 'a quoi comme ville?"; à Paris encore où j'ai découvert que, malgré les efforts assimilatoires de ma famille depuis 2 générations, j'avais encore quelques bribes de la langue de mes ancêtres; personne dans mon entourage ne comprenait ramasse-bourrier, passer la since, un pochon, ou encore barrer la porte (j'en passe et des meilleurs  Razz )
-une dimension psychologique (souvenirs d'enfance): c'est associé à mes ribambelles de cousins-cousines joyeux, à la messe du dimanche où on met le bazar, aux belles robes irrémédiablement boueuses après la forêt de Grasla, aux déjeuners interminables avec des convives en grand nombre, aux vieux lits avec des draps rêches et aux hiboux qui font peur la nuit.

Par ailleurs, la question que pose le Loup me semble fondamentale: qu'est-ce qui fait unité si ce n'est pas la langue (quasi-disparue), le territoire (sans existence officielle ou controversé), ni les traditions (en perte de terrain)?
Un état d'esprit, comme certain d'entre vous semble le suggérer? Nous pourrions peut-être nous pencher plus avant sur la question, essayer de plus ou moins définir cet état d'esprit.
Question liée mais légèrement différente: comment se construit le sentiment d'appartenance de chacun d'entre nous?
Mona Lisa, de quoi le sous-sol auquel vous faites allusion est-il fait?

Le sujet m'intéresse, car il y a des clefs là-dedans pour développer la langue et la culture vendéennes, pour rester dans les rails de la tradition, tout en vivant une "vendéanité" contemporaine; le Loup, pourriez-vous me dire sur quel blog ami vous avez vu des échanges vifs? Tout en laissant la colère de côté, je voudrais voir quels arguments pourraient apporter de l'eau à notre moulin.

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Re: Etre vendéen ?

Message par Monalisa le Jeu 9 Jan - 23:05

Pour ce qui est du sous-sol, je ne suis pas géologue, donc pas infaillible... Cependant, il est amusant de comparer la carte géologique avec la carte du "pays insurgé"... ça peut paraître un peu tiré par les cheveux, et ça n'explique pas tout, mais... https://drive.google.com/file/d/0B_yW5PKeIhLkV1dzMmxJeEJBU3c/edit?usp=sharing

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Re: Etre vendéen ?

Message par Le Loup le Jeu 9 Jan - 23:16

Qu'est-ce qui peut bien faire l'identité vendéenne ? Eh oui, la langue est un pur produit du poitevin-saintongeais que l'on retrouve un peu partout dans l'Ouest.

La terre est disparate, selon que l'on soit dans les Mauges, le Haut ou le Bas Bocage, le Marais Breton, ou même plus bas. On a pu remarquer depuis déjà pas mal de temps que des territoires qui, historiquement n'appartiennent pas à la Vendée de 1793 se réclament de l'Utrique Fidelis avec force. Déjà, dans les années 70, on trouvait des double-coeurs et des statuettes de "chouans" à la Faute-sur-Mer et j'ai vu récemment une fresque représentant La Rochejaquelein sur la façade d'une maison dans la Plaine !

Au niveau du département de Vendée, l'identité a donc gagné des territoires jusqu'ici plutôt indifférents, voir hostiles aux événements qui ont forgé la Vendée. Contrairement au département voisin des Deux-Sèvres, qui a la même structure car issu de la même province de Poitou, on sent que le Plainaud ou le maraîchin poitevin du 85 hésite beaucoup moins "à boire un coup" avec un bocain ou un maraîchin "breton" (pays de Challans) qu'on aurait pu le faire autrefois. C'est l'identité vendéenne autour d'un département et surtout d'un logotype fort qui ont réalisé, à mon sens, cette gageure. Dans le 79, tout au contraire, le Nord et le Sud restent méfiants l'un avec l'autre. Les relations sont cordiales mais empreintes de soupçons mutuels. Le Nordiste, qu'il soit du Bocage ou du Thouarsais, se méfie des ces "protestants de gauche, un peu fainéants" du Sud (je caricature bien entendu). A l'inverse, le niortais ou le mellois, n'aime guère ces "péquenauds, suiveurs de curé" du Nord. Le 79 n'a pas d'identité et c'est là son problème. J'en appelle d'ailleurs aux habitants du 49 et du 44 afin de savoir s'il existe quelque chose de semblable chez eux entres les deux rives de la Loire par exemple ou entre les Mauges et le Saumurois.

Après les événements terribles des 3 premières Guerres de Vendée, il avait été question de reformer la Vendée à partir des territoires insurgés de 1793, idée rapidement abandonnée pour des questions stratégiques évidentes de la part du pouvoir. Il est d'ailleurs étonnant que personne n'ait relevé la disposition des casernes militaires autour du pays (même pas Reynald Secher qui pourtant à l'oeil partout).

Prenez une carte et notez la disposition de ces casernes militaires:

Nantes d'abord, on remonte la Loire et on trouve Angers (régiment du Génie), Saumur (Cavalerie), Poitiers (Artillerie), on redescend et on trouve Saint-Maixent (Infanterie, et surtout école où j'ai fait la plupart de mon temps de service), On continue d'encercler le territoire et on trouve Niort (désaffecté aujourd'hui), puis La Rochelle (régiment du TRAIN, transport régimentaire des armées impériales de Napoléon devenu "transit maritime" depuis 2011). J'omets la défunte caserne de Thouars, dépôt de munitions, destiné aux troupes de Saumur et Poitiers en cas de coup dur.

N'y avait-il pas là la volonté affichée de contenir un territoire bien précis, et qui mine de rien, perdure encore de nos jours ? N'est-ce pas l'aveu d'une méfiance vis à vis de la Vendée qui est toujours présente ?

J'extrapole, mais peut-être avons-nous là la raison de l'hésitation à abroger les décrets des 1° août et 1° octobre 1793, ordonnant l'extermination des habitants de la Vendée...

Je crois que si l'identité vendéenne est aussi forte, c'est grâce ou à cause des événements historiques que l'on en ait conscience ou non. Ce sont ces événements qui ont forgé cette fierté qui n'aurait sûrement jamais existé sans eux, ces hommes brandissant des "dails" contre les gendarmes et plus tard, ces femmes à qui on fera subir mille horreurs et mutilations au nom des droits de l'homme. Contrairement à la Bretagne ou au Pays Basque, pour ne citer qu'eux et qui ont été purement accaparés par l'état de 1793, la Vendée est certainement le plus français des pays de France, j'ose le dire.

Pour ceux qui vivent loin de leurs racines vendéennes, comment vivez-vous votre quotidien dans une autre région ? Vous plaisante-t-on sur vos origines ? Est-ce que les gens s'en foutent ? A "Paris", c'est différent, car les 3/4 de la planète s'y retrouvent pour travailler, on a donc assez peu de temps pour parler de ses origines.

Ayant parcouru autrefois pas mal de pays de France, j'ai pu voir le degré de sympathie assez élevé quand on parle de la Vendée. Une vielle dame dans le Cantal, dont la fille me servait de l'essence et qui avait vu mon logo de Vendée sur ma voiture. "C'est loin la Vendée, vous rentrez chez vous ? C'est un beau pays, faites attention sur la route". Une patronne de chambre d'hôtes en Bourgogne: "Mon fils part tous les étés aux Sables-d'Olonne, et puis chez vous, il y a le Puy-du-Fou", mais on y va pas souvent, c'est loin!" Un autre proprio de chambres d'hôtes dans le Midi dont la femme le suppliait de l'emmener en Vendée pour visiter. Sa réponse: "C'est beau, mais c'est le Nord, il fait froid et il pleut". Cette dernière réponse m'a particulièrement amusé connaissant un peu ce bonhomme avec qui j'ai pu, par ailleurs, beaucoup échanger sur l'art roman des abbayes.

A vous, comment construit-on et surtout comment entretient-on l'identité vendéenne ?

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Re: Etre vendéen ?

Message par Caroulette le Ven 10 Jan - 10:10

Bé l'bonjor Monalisa,

Merci pour cette belle carte! Pouvez-vous me dire d'où elle vient? je voudrais la mettre sur ma page Facebook "En Vendàie i causã ventre a chous" où j'essaie de mettre régulièrement des éléments de langue pour les apprenants (Do parlange jhor apràe jhor) ainsi que des éléments culturels. Cette carte est limpide, je voudrais la prendre, mais il me faut les références et le lieu d'extraction.

Concernant les questions géologiques, si j'ai bien compris, la Vendée militaire se trouve sur une zone où le granite est dominant (je ne suis pas sûre de moi). Le cas échéant, les propriétés de cette roche sont principalement la non porosité, la cohérence (il ne s'effrite pas) et la non effervescence (il résiste à l'acide), trois belles images qui pourraient effectivement s'appliquer au caractère et à la volonté de nos ancêtres combattants.

Alors, les Vendéens, purs produits de leur terroir?

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Re: Etre vendéen ?

Message par Caroulette le Ven 10 Jan - 11:47

Bé l'bonjor Le Loup!

I suis benaise de ta répounse! Ié 'cor des quesciuns:
-A quelle période les décrets qui ordonnent l'extermination de la Vendée ont-ils été abrogés?
-Sur la disposition des casernes: j'aime bien l'argument! Je l'ai déjà utilisé dans d'autres territoires, pour expliquer la surveillance d'un autre peuple (les Oudmourtes, des finno-ougriens de Russie). Je ne connais pas l'organisation militaire française : n'y a-t-il pas des casernes dans toutes les villes de France?

Dans l'ensemble, vos remarques, le Loup, soulèvent une question : quel est le regard porté par l'extérieur sur la Vendée?
Le regard des institutions d'abord: la version officielle est bien connue (refus de remettre en question les heures de gloire de la révolution). Les Bretons et les Basques sont bien plus avancés que nous dans la revitalisation culturelle et linguistique ainsi que dans une prétention territoriale - à mon avis ils sont plus surveillés que nous, ce que je considère d'ailleurs comme un atout pour d'éventuelles initiatives de revitalisation.
Ensuite, le regard porté sur la Vendée par la population: Premièrement à Paris la culture vendéenne est invisible et inconnue. Les Vendéens sont a priori sympathiques à une partie de la population parisienne, la plus xénophobe, car ils ont cette réputation. Pour le dire grossièrement, pour le Parisien moyen, le cliché du Vendéen est un bouseux, un catholique, un royaliste et un raciste. Je précise qu'il y a a aussi des Parisiens qui connaissent l'histoire de la région, mais ils sont rares car, comme partout en France, elle n'est pas enseignée. Globalement, à Paris, l'athéisme a fait des ravages, l'acculturation est dominante (la religion étant, entre autres choses un vecteur culturel), et les enfants sont paumés; en outre, depuis quelques années, les manifestations religieuses visibles sont musulmanes et font peur, attirent la haine. Deuxièmement, à l'étranger, l'image de la France des Droits de l'Homme a la vie dure. L'occasion m'est donnée régulièrement, carte à l'appui, de décrire la politique française à l'égard de ses minorités régionales; immanquablement, dans la salle, on me répond "ah bon? en France? le pays des Droits de l'Homme?". On me croit uniquement parce que je ne suis pas la seule à le dire (en général un Niçois vient parler de l'occitan et un Breton de son pays). Troisièmement, en ce qui concerne les autres régions françaises, je n'ai pas d'expérience concluante: en région, je fréquente les militants; dans des situations de la vie quotidienne, je n'ai pas l'occasion de parler de la Vendée et ne porte pas de signe extérieur de "vendéanité".
En somme, d'après mon expérience, l'identité vendéenne dans le regard des autres, quand elle n'est pas récupérée politiquement et de façon schématique, est assez floue, bien moi claire que l'identité bretonne, basque ou occitane. En tout cas parmi les gens de ma génération (je suis née en 1978). Et pourquoi? Ce n'est pas la force du passé qui manque. Alors peut-être que c'est le manque de revitalisation: non pas faire revenir le passé tel quel dans le présent, mais, dans les rails des traditions, être vendéen au présent, parler la langue (et continuer à inventer des mots nécessaires pour la parler aujourd'hui : courriel, start up, etc), créer des chansons, écrire pour le théâtre, créer un site internet tout en parlange... Il me semble que c'est notre principale différence avec les autres minorités régionales dont l'activité est plus visible sur le territoire.

Pour en revenir au symbole, le logotype et sa signification (Utrique Fidelis) et au territoire, ce sont, à mon avis,  les deux éléments les plus tangibles sur lesquels s'appuyer pour définir une identité vendéenne. Néanmoins, "la connivence" soulignée plus haut par un membre de ce forum est, dans ma perception, essentielle. Il me semble qu'il y a, quand même, une mentalité et une façon de procéder entre les gens en Vendée (en tout cas parmi ma parenté et mes amis - des boquins):la méfiance d'abord, puis l'accueil à bras ouverts, la tendance à la moquerie - à laquelle il faut savoir répondre! On aime bien les joutes orales, on n'est pas dans l'efficacité de la communication, on parle d'abord à l'autre pour le plaisir d'échanger. Avez-vous ce sentiment aussi? Ce type de comportement est-il spécifique à la Vendée (au Bocage)? On me dit parfois, "c'est le comportement des gens de l'ouest et du nord"; En Bretagne, il me semble que l'agressivité est plus grande; en Gironde, les gens sont bien moins cordiaux (toujours d'après mes expériences, i voudré point vuz'hargnuchae!); mais en Normandie par exemple, qu'en est-il? dans le Nord?
C'est aussi dans cet ordre d'idée qu'on pourrait ranger les rites. Je commence à travailler sur les relevailles en Vendée, je fais des entretiens avec des femmes âgées qui me racontent, en parlange, comment se passait cette étape. Est-ce que vous avez connaissance d'une telle coutume dans d'autres régions?

Enfin, une réponse à votre question finale "comment construit-on et surtout comment entretient-on l'identité vendéenne? ". Mon identité vendéenne est forte parce que mes parents, grandis en Vendée, ont élevés leurs enfants hors de Vendée, je fais partie de la diaspora vendéenne. N'importe quel ethnologue vous le dira, à la périphérie et dans la diaspora l'identité d'origine est toujours forte puisqu'il s'agit de lutter contre l'assimilation à l'environnement dominant (j'avais le choix, être Vendéenne ou Franco-européenne Surprised ). Entretenir l'identité est une question importante : mes parents sont restés vendéens malgré eux, par manque d'ouverture peut-être, ce qui fut néanmoins une bonne chose pour nous, leurs enfants. J'étais adolescente dans les années 1990, le contexte dominant était l'acculturation (la perte des valeurs d'origine et l'adhésion aux valeurs de la globalisation-américanisation dominante), et j'ai eu bien du mal à me reconnaître comme vendéenne car il n'y avait tout simplement pas de produits culturels vendéens pour ma génération. C'est une grande tendresse pour mes aïeux et leur belle langue, leur aptitude indécrottable à la joie de vivre, ainsi que la vague connaissance des guerres de Vendée (la révolte est sympathique à l'adolescence) qui a perpétué mon sentiment d'appartenance. La réaction des autres, aussi, comme je l'ai signalé plus haut dans le forum. Une fois mère, tout à été plus simple: je transmets, je nourris, j'envisage un avenir pour la culture vendéenne; évidemment, mes enfants sont vendéens!

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Re: Etre vendéen ?

Message par Shenandoah Davis le Sam 11 Jan - 1:27

Bonsoir à tous
J'ai mis un peu de temps pour apporter mon témoignage sur ce sujet, c'était difficile pour moi. Mais je crois que vous comprendrez en lisant ce qui suit et que vous me pardonnerez mon intervention tardive.
Je suis devenue Vendéenne. Mais je dois commencer par le commencement de ma petite histoire. Du plus loin que j'ai pu remonter (pour le moment), ma famille est purement Cauchoise. Mais quelques membres de la famille,  du côté paternel comme du côté maternel, se sont déplacés vers  la région Rouennaise. Je suis née à Elbeuf. Vite une carte ! Où est donc ce patelin  Shocked ? J'ai grandi et vécu sur cette terre normande jusqu'à l'âge de 24 ans. Puis j'ai rencontré un Prérois, et me voilà installée en pays Maraîchin pour plus d'une vingtaine d'années pendant lesquelles nous avons fait trois petits Maraîchins. S'intégrer en pays Maraîchin n'a pas été si simple ; les habitants sont plutôt méfiants et  il a fallu s'habituer à leur langage si particulier  Wink . Mais avec du temps, j'ai appris à les connaître et à aimer ce pays mi-balnéaire, mi-campagnard, touristique l'été et secret l'hiver, fait de sable et de vase. Mais un jour, mon maraîchin bien aimé s'en est allé, il a quitté son Marais pour rejoindre un autre monde, un monde meilleur. … Plus tard, j'ai rencontré un Loup du Bocage et je me suis installée dans sa tanière. J'étais plutôt ignorante de la terrible histoire de la Vendée ; mes souvenirs scolaires (très lointains) ne me laissaient qu'une image du méchant Vendéen. Le Loup m'a beaucoup appris sur ce sujet et surtout m'a bouleversée par ses récits, par les lieux de mémoire connus ou moins connus, où il m'a emmenée et où il m'emmènera encore, il y en a tant, hélas. Je continue à apprendre aussi  par mes recherches personnelles pour alimenter mon humble blog. La Vendée me touche par ses blessures, par ses douleurs,  mais aussi par son courage et par la force qu'elle a déployée pour se relever. Puis-je dire que je suis Vendéenne ? Je le crois ; j'ai beaucoup reçu et beaucoup perdu en Vendée, mais je sais qu'elle veille sur le repos de mon Maraîchin.

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Re: Etre vendéen ?

Message par Le Loup le Sam 11 Jan - 21:11

Tout d'abord pour répondre à Monalisa au sujet de la géologie.

A mon humble avis, le granit n'est pas à coup sûr synonyme de résistance à l’oppression. En Bretagne par exemple, le Nord-Finistère sera républicain, contrairement au pays Bigouden. Le Sidobre, dans le Tarn, pourtant très granitique, ne fut pas très royaliste. En revanche, peut-être y aurait-il une étude à faire sur les anciens peuples qui habitaient nos contrées de l'Ouest durant l'Antiquité.


@Caroulette à présent:

A ma connaissance, les lois d'extermination de la Vendée n'ont pas été abrogées à ce jour.

Parlons un peu de la Vendée puisque Jean Yole avait dit: "A l'heure où toutes les provinces devenaient des départements, la Vendée est le seul département qui soit devenu une province."

Comparer la Vendée à la Bretagne, à la Savoie ou au Pays Basque, est selon moi une hérésie. En passant, un lien sur le blog de Shenandoah concernant le Pays Basque:

http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2013/12/30/28799523.html

A lire, pour ceux qui continuent de croire que la révolution fit l'unanimité dans les provinces françaises ou assimilées.

La Vendée disais-je, n'existe que parce que la république l'a créée. C'est car la première grande bataille du 19 mars 1793, s'est déroulée dans le département de la Vendée que les révolutionnaires appelleront du nom de "Vendée" tout le territoire insurgé et que les insurgés eux-mêmes se dénommeront "vendéens". Il ne faut pas oublier que seule la moitié Nord du département 85 (qui porte le N° 79, à l'époque, amusant non ?) s'est insurgée. La Plaine suivra majoritairement la république, ce qui n'empêchera nullement de voir des plainauds massacrés, ayant le seul tort d'habiter un département que l'on rebaptisera "Vengé", tout comme Lyon, deviendra, après son épuration: "Ville affranchie". Ce mot de "Vendée", du nom d''une petite rivière qui signifiait "blanche" dans la langue celte de cette région (étrange coïncidence) avait été choisi après une anecdote assez savoureuse. Lors de la création de ce département, il devait porter le nom de: "Les Deux Lays", tout comme son voisin des "Deux-Sèvres". Les deux députés vendéens, n'étant pas spécialement agréables à regarder, on a craint les quolibets et on opta pour le nom d'une petite rivière assez anonyme.

Voilà tout le souci de la Vendée, elle ne se borne pas à des limites administratives mais à un peuple insurgé. Elle bouffe la partie du Sud de la Loire de la Bretagne, pour courir de Montjean au Pont-Barré, puis revient brutalement vers le Sud et puis non pas passer par Thouars, mais quelques villages en avant. On la retrouve en pays de Parthenay, puis au Busseau (79). On arrive au Sables, place républicaine, qui ne fut jamais prise par les vendéens et où la guillotine fonctionnait à en faire pâlir de joie certains extrémistes d'aujourd'hui.

L'identité de la Vendée ne s'est donc construite que sur l'insurrection de 1793 et sur ses 337 000 morts (d'après Prudhomme)

Je ne crois guère au pardon,justement quand le candidat au pardon continue de réfuter les actes commis au nom de son idéologie. Le pardon est un acte de réconciliation, et aussi d'aveu. Et puis pour pardonner au nom des morts, cela me gêne, puisque l'on a pas eu l'avis des massacrés. Les femmes enceintes éventrées à coup de sabre et qui ont eu à subir comme dernier outrage avant de mourir, l'épandage d'avoine pour les chevaux de la république au sein de leurs entrailles, ont elles pardonnées ? Pour paraphraser nos détracteurs, je dirai simplement qu'aucune archive n'existe pour nous prouver ce pardon...

La Vendée est donc un pays qui n'existe que depuis 220 ans, prélevé sur une partie du Poitou, de l'Anjou et de la Bretagne. C'est donc un melting pot de 3 provinces. C'est pour cela qu'il est difficile de faire le tri entre le vendéen habitant du département du même nom et le vendéen "historique", descendant de ceux de 93, mais dont les racines et/ou l'habitat se situe dans le 79, le 49 ou le 44.
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Re: Etre vendéen ?

Message par Monalisa le Dim 12 Jan - 16:57

Pour répondre à Caroulette, les relevailles ne constituent pas une cérémonie particulièrement vendéenne. C'est un rituel catholique pratiqué depuis fort longtemps puisqu'elles sont en quelques sortes un reste de la cérémonie de la Purification chez les Juifs. Il ne s'agit plus pour les catholiques de Purification, mais d'action de grâce. J'ai déjà assister à une telle cérémonie (et oui ça existe encore !...).
Pour ce qui est de l'aménagement militaire, la question est intéressante, et peut-être est-ce là la raison pour laquelle on n'a pas donné d'importance aux villes de Vendée ?... (quand on part de Vendée, on nous demande souvent : "Y a quoi comme ville là-bas ???")
Quant au pardon, je pense qu'il est nécessaire, même si le pardonné ne manifeste aucun mouvement de regret. Personnellement, je pense que tous les Vendéens morts  en 1793 - 1796 souhaitent ce pardon, car ils étaient avant tout catholiques et le pardon fait partie intégrante du catholicisme; pardon qui ne retient pas vengeance, mais pardon lucide qui garde son esprit critique sans sentiments de haine. Aimer le pécheur, haïr le péché...
Le pardon n'est (et ne sera jamais) facile, il n'est pas inné, Delbé le savait bien...

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Re: Etre vendéen ?

Message par Caroulette le Mar 14 Jan - 13:20

Shenandoah Davis, merci pour votre témoignage, simple, beau, et qui a en plus le mérite de confirmer que le sentiment d’appartenance est une affaire de cœur (vendéen  Wink )et qu’il se construit à la fois à travers le dialogue (rencontres et choix de vie) et par un processus de re-connaissance (l’adéquation saisissante entre votre histoire personnelle et votre perception de la Vendée « La Vendée me touche par ses blessures, par ses douleurs,  mais aussi par son courage et par la force qu'elle a déployée pour se relever »).
Le Loup, je ne connais pas assez l’histoire des autres régions françaises pour les comparer. Néanmoins, actuellement, i sins den la mêm’ mique ! Il est intéressant de voir la démarche des « militants » actuels.
Merci pour ces éléments clairs concernant  le territoire et le lien avec l’histoire. A mon avis, le fait que l’identité vendéenne n’existe en tant que telle que depuis 220 ans est un élément essentiel à prendre en compte dans une éventuelle tentative de renforcement de cette identité.
En ce qui concerne le pardon, sans vouloir me faire l’avocat du diable, il ne pourrait être donné que par les personnes massacrées ou orphelines – l’absolution est donc impossible maintenant. Je suis d’avis qu’il faut prendre acte de l’histoire, considérer telles quelles les atrocités commises au nom de la Révolution. Elles seront toujours à reprocher à la république française de l’époque, qui serait bien avisée de reconnaître ses torts dans l’histoire !
Pour moi, ce qui m’importe est si possible de participer à la sauvegarde de ce que les combattants vendéens ont essayé de conserver : le droit d’exister avec leur spécificité. Et cela passe notamment par une demande de reconnaissance officielle des variétés de parlange, du droit des vendéens au bilinguisme et à sa pratique pour les affaires de la vie quotidienne. Le Conseil régional permet aux chômeurs bretons (ils sont même payés pour cela !) de faire une formation intensive de 6 mois pour apprendre le breton. Je connais bien l’un des directeur de ces centres (il y a un centre dans chaque département), la plupart de ceux qui sortent après 6 mois trouvent du travail : dans les médias en langue bretonne (ils ont une chaîne, des journaux), dans l’édition, dans les associations de développement de la langue et la culture ou dans l’enseignement (écoles Diwan). Nous avons le même Conseil régional, alors pourquoi pas nous ?
Enfin, Monalisa, un grand merci à vous ; inculte que je suis, je n’avais pas connaissance des relevailles ailleurs qu’en Vendée. Accepteriez-vous de me décrire en détail la cérémonie à laquelle vous avez assisté ? Si, par ailleurs, vous connaissez des femmes vendéennes qui accepteraient de me parler de leurs relevailles, afin que je compile ces informations, je vous en serais reconnaissante !

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Re: Etre vendéen ?

Message par Le Loup le Mar 14 Jan - 22:27

Monalisa a écrit: le pardon fait partie intégrante du catholicisme; pardon qui ne retient pas vengeance, mais pardon lucide qui garde son esprit critique sans sentiments de haine. Aimer le pécheur, haïr le péché...
Le pardon n'est (et ne sera jamais) facile, il n'est pas inné, Delbé le savait bien...

Caroulette a écrit:
En ce qui concerne le pardon, sans vouloir me faire l’avocat du diable, il ne pourrait être donné que par les personnes massacrées ou orphelines – l’absolution est donc impossible maintenant. Je suis d’avis qu’il faut prendre acte de l’histoire, considérer telles quelles les atrocités commises au nom de la Révolution. Elles seront toujours à reprocher à la république française de l’époque, qui serait bien avisée de reconnaître ses torts dans l’histoire !



Tout à fait d'accord avec l'aspect religieux. Le pardon est l'une des composantes majeures du christianisme. En revanche, comme le dit Caroulette, sommes-nous habilités à pardonner aux noms de ceux qui ne sont plus là pour se défendre face à un système qui glorifie toujours, 220 ans après, les horreurs commises justement aussi bien au nom de l'anti-christianisme que du déni total de ses soi-disant "droits de l'homme" ? Droits de l'homme qui visiblement ne s'appliquaient pas aux Vendéens et aux chrétiens en général.

Afin d'enrichir les topics et de ne pas embrouiller la discussion ici, je vous suggère de créer un sujet dans la section "Traditions et fêtes" à propos des "relevailles". Le dernier livre de Jean-Camille Emeriau, "P'tit Jean le Brigand", nous parle d'une femme, la mère de Petit-Jean, qui fait ses relevailles dans des conditions particulières, ayant été enceinte avant son mariage (p. 27).


Dernière édition par Le Loup le Mar 14 Jan - 23:04, édité 1 fois
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Re: Etre vendéen ?

Message par Monalisa le Mar 14 Jan - 22:56

Oui, c'est vrai qu'on ne peut pas pardonner à la place des autres; mais nous pouvons pardonner à ceux qui nous offensent encore par les massacres passés et à ceux qui veulent les effacer de notre mémoire. Le pardon est une démarche personnelle et intérieure. Sachant que le pardon n'est pas la tolérance, et à mon sens, il ne s'agit pas de tout tolérer; la tolérance n'est bonne que lorsqu'elle permet un mal pour un plus grand bien ou pour éviter un mal pire encore. C'est d'ailleurs pourquoi, voyant qu'il ne pouvait y avoir de tolérance, les Vendéens se sont battus...
Pour ce qui est des relevailles, je passe sur "Traditions et fêtes"...

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Re: Etre vendéen ?

Message par Le Loup le Mar 14 Jan - 23:36

D'accord. Merci.

Pour en revenir à l'identité vendéenne (même si le thème du pardon reste ouvert), et sans aller jusqu'à des écoles de langue poitevine ou angevine puisque la Vendée historique est aussi à cheval sur ces deux provinces, il reste beaucoup à faire sur le rappel de la culture locale. En ce qui concerne l'histoire de 1793, les "grosses associations" telles que le Souvenir Vendéen, l'association Vendée Militaire, ou les associations plus locales ont oeuvré et oeuvrent encore à perpétuer le Souvenir. Les vendéens, après la gabegie de la société de consommation, ont depuis plusieurs années commencé un travail sur leur patrimoine avec la restauration de plusieurs lieux. L'aspect culturel pur a connu une véritable explosion avec le Puy du Fou, qui a donné l'idée de plusieurs autres petits spectacles, même ailleurs en France pour d'autres régions, ce que personnellement je trouve très bien et valorisant pour ces campagnes méprisées par les grandes villes, où justement, le culturel est "pré-mâché" et dilué dans une espèce de mélasse consensuelle, vaguement "nationale" et dénuée de toute "racine". Au-delà de l'aspect purement touristique, les français en apprennent ainsi les uns sur les autres. Si je vais en vacances dans le Cantal par exemple et qu'on me parle des histoires de "tuiles à loup", ça risque de beaucoup plus m'intéresser qu'une vague exposition que l'on pourrait trouver aussi bien à Paris qu'à Strasbourg. Je ne sais pas si je me suis bien fait comprendre. Je pourrai ainsi discuter avec un habitant du cru et comparer nos traditions, voir même nous en amuser.

Concernant la Vendée en elle-même, et au delà du département du même nom, sur ce que j'appelle la "Vendée Historique", le travail à faire reste immense aussi bien sur la culture et ses différentes représentations, tant dans les Mauges, le Bocage, le Pays de Retz, voir même la Gâtine ou la Plaine. Pour autant, ces micro-pays sont indissociables de la Grande Vendée de 93. Le travail doit donc se faire sur plusieurs niveaux. Le point de départ de l'insurrection, les faits qui donneront une cohésion à cet ensemble, aussi bien que les détails particuliers afférents à ces micro-pays.

C'est ainsi que nous pourrions espérer, peut-être un jour, un régionalisme plus marqué et faisant fi des frontières stupides imposées par l'administration républicaine, qui voit les choses depuis une ville prétendue "capitale" de la France, mais qui n'a pas souvent compris que la vraie France commence après le "périph'".

Bon, je sais, j'ai été un peu long et on dirait le discours d'un politicien en campagne, mais c'est le fond de ma pensée.  Laughing 
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Re: Etre vendéen ?

Message par Caroulette le Mer 15 Jan - 15:51

La conservation-rappel de la culture locale me semble indispensable à moi aussi : ces cultures sont les sillons creusés par nos ancêtres, il s'agit d'y rester pour "pousser droit". Mais que poussera-t-il si on ne plante pas de graines dans ces sillons? La démarche de conservation-rappel ne suffit pas pour garantir le maintien des traditions. La tradition doit s'incarner dans les jeunes vendéens pour vivre et être transmise, et pour s'incarner il faut, dans une certaine mesure, qu'elle leur soit vivable, adaptée à leur mode de vie. Les graines de 93 ne poussaient pas avec la même eau et dans le même air qu'aujourd'hui. Je pense qu'à coté d'un travail fondamental de rappel-conservation, il faut entamer un travail de mise au goût du jour. A mon sens, ce travail devrait être fait par des jeunes vendéens d'aujourd'hui bons connaisseurs de la culture vendéenne, ou désireux de le devenir.

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Re: Etre vendéen ?

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