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Deux histoires à frémir...

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Deux histoires à frémir...

Message par Le Loup le Jeu 24 Oct - 22:26

Bonsoir à tous,

Le mauvais temps et les longues nuits arrivant à grand pas, je vous propose de recueillir quelques vieilles histoires de coin du feu de votre région. Afin de faciliter la visibilité de chaque histoire ou conte, essayons de lancer chacun un sujet avec une histoire. Je m’y colle pour commencer avec deux histoires, certes, mais du même rapporteur.

Nous allons ici, évoquer le manuscrit de l’abbé Luçon, prêtre de la Jubaudière de 1875 à 1883, qui deviendra archevêque de Reims en 1906, puis cardinal en 1907. Nous devons ces textes au N° 55 de  la revue "Savoir"(décembre 2000) de l’Association Vendée Militaire. Le premier texte est une légende de « diable » connue dans tout l’Ouest, qui se serait passée dans une ferme de la Jubaudière selon l’abbé Luçon et qui pourtant m’a été racontée dans mon enfance par ma grand-mère, Simone L. (1909-2000) et qui elle, situait l’histoire quelque part entre Combrand et Montravers… Ceci dit, laissons la plume de l’abbé Luçon nous raconter une veillée, plutôt effrayante…
« Il y avait un soir une grande veillée. Une réunion nombreuse se pressait autour du feu qui flambait dans la vaste cheminée. En attendant la venue des invités qui arrivaient les uns après les autres, on se livrait à une joyeuse conversation, qu'interrompaient fréquemment de bruyants éclats de dire ; et telle était l'occupation de chacun que nul ne remarqua la présence d'un grand homme sec qui se tenait assis au coin du feu. Ses yeux, ombragés d'épais sourcils, promenaient avec vivacité de l'un sur l'autre des regards de malice. Un chapeau à large bord lui couvrait la tête, et en voilant sa physionomie noire et sinistre, le préservait d'une attention qu'il ne désirait sans doute pas. Qui l'eut bien considéré eut remarqué qu'il avait des pieds de cheval, deux cornes au front, et des yeux luisants comme ceux d'un chat dans les ténèbres. Ainsi le dépeignit un enfant qui le considérait non sans étonnement, mais que l'on envoya de bonne heure au lit avant de commencer les jeux. Pour l'inconnu, seul au milieu des éclats de rire, il se contentait de sourire, seul il gardait le silence au milieu de l'animation générale. Chacun le prenait sans doute pour un invité qu'il ne connaissait pas encore et nouvellement arrivé dans le voisinage.

Enfin quand l'assemblée est au complet, la danse s'organise. Les rondes se succèdent ; on danse avec frénésie, on danse sans pouvoir se retenir. L'homme aux pieds de cheval saisit un violon, en joue avec une habileté surhumaine et électrise de plus en plus les assistants. L'inconnu lui-même entre dans le cercle et danse avec fureur. Bien plus, c'est lui qui entraîne tous les autres dans un tournoiement irrésistible. Ses yeux étincellent, surtout quand dans le tourbillon des rondes il se trouve à tourner le dos à la lumière, et de ses pieds jaillit le feu. Vainement on veut chasser le danseur. Vainement on veut s'arrêter. Une sorte de délire où se mêlent la joie et la peur s'empare de l'assemblée. Les enfants se réveillent au bruit de la danse entraînante et les cris que leur arrache la frayeur à la vue de ce spectacle, achèvent de donner un caractère lugubre à cette scène infernale. Enfin, quelqu'un va chercher le sorcier qui vient faire ses objurgations et ses sortilèges. Le farfadet est mis en fuite et disparaît en hurlant dans un tourbillon de fumée. »

La seconde histoire de l’abbé Luçon n’incite guère à aller se promener près des charniers la nuit…
« Par une sombre nuit de novembre, un jeune homme s'en revenait à travers champs d'une soirée de famille. Le ciel était couvert de gros nuages dont l'aspect menaçant présageait ces tristes tempêtes qu'on appelle le coup de vent des morts. A de longs intervalles, la lune perçant de ses pâles rayons l'obscurité de la nuit répandait sur la terre une lueur incertaine moins propre à rassurer le voyageur timide qu'à l'effrayer par la vue des objets qu'elle lui fait apercevoir de loin sous les formes les plus fantastiques. Notre jeune homme devait justement traverser un champ éloigné de toute habitation, où, lors de la Terreur, de nombreuses victimes avaient trouvé la mort ; plusieurs même y avaient été ensevelies vivantes dans une fosse commune et depuis ce temps-là on entendait, la nuit, les gémissements de leurs voix plaintives se mêler à ceux du vent. Le voyageur aurait bien voulu pouvoir éviter ce lugubre passage, mais il n'y avait pas d'autre chemin. Il s'avançait donc résolument, suivant un étroit sentier le long de la haie, pressant le pas pour franchir plus promptement le champ funèbre, lorsqu'il aperçoit à la lueur incertaine de la lune, un homme qui vient à sa rencontre enveloppé d'un long vêtement dont les plis lui descendent jusqu'aux pieds. L'heure avancée de la nuit, le lieu où il se trouve, lui font appréhender aussitôt dans cette rencontre quelque revenant de l'autre monde, quelqu'une peut-être des infortunées victimes massacrées en cet endroit, ensevelies dans la terre qu'il foule de ses pieds, et qui vient peut-être réclamer pour leurs ossements une plus digne sépulture. En effet, quand il arrive à quelques pas du fantôme il reconnaît un prêtre à ses habits et au bréviaire qu'il porte sous son bras ; mais ses cheveux se dressent sur sa tête et son sang se glace dans ses veines lorsqu'en croisant le passant et en frôlant ses vêtements il s'aperçoit que ce prêtre n'a point de tête. »

Voilà, j’espère que ces deux histoires vous ont plu et vous inciteront à regarder sous votre lit avant d’aller vous coucher…
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Re: Deux histoires à frémir...

Message par Grégoire le Sam 13 Fév - 0:10

Merci Le Loup pour ces histoires d'autrefois. Je vais effectivement regarder sous ma paillasse avant d'aller dormir et sans doute frémir cette nuit si une branche tourmentée par le vent vient gratter ma fenêtre... Heureusement, mon rassurant penn bazh n'est jamais bien loin de ma couche...

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Re: Deux histoires à frémir...

Message par Le Loup le Sam 13 Fév - 1:02

Si vous dormez en Vendée cette nuit... C'est à vous de voir, ou d'entendre.... Au pire de chercher sous le lit avant de dormir.... Wink






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Re: Deux histoires à frémir...

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